"Arrachez moi le coeur, vous y verrez Paris"

auteur: 
Philippe Vayssettes

Pour la seconde fois en moins d’un an, nous nous associons à la douleur et à l’effroi provoqués par des attentats perpétrés à Paris.

Je suis sous le choc et j’ai encore plus de mal à rester digne devant l’émotion qui m’étreint mais je m’associe avant tout à la douleur de tous ceux qui ont été touchés.

C’est exactement la même barbarie et la même folie qui nous frappent. La différence est dans l’escalade puisque les attaques ne sont plus ciblées sur un groupe particulier (journalistes ou communauté religieuse) mais visent aveuglément la totalité de la population à travers le symbole de sa jeunesse.

Cela confirme la volonté des barbares de frapper et de terroriser toute la population indistinctement des couleurs de peau, des religions ou des engagements politiques. Ce sont toutes nos valeurs et notre civilisation qui sont visés.

Il n’y a plus de doute sur le fait que, même si c’est un mot difficile à prononcer, nous sommes en guerre, sur notre sol et au Moyen-Orient. Nous pénétrons dans des territoires aujourd’hui inconnus, aucun d’entre nous en âge de travailler n’ayant connu cette horreur sur le territoire français.

Il va nous falloir vivre avec ces menaces permanentes et nous savons bien évidemment que nous devons résister. Résister passe par notre rassemblement plutôt que par la division, quelles que soient nos différences. Résister passe par le choix de vivre crânement, normalement, dans les lieux publics plutôt que céder à la panique.

"Arrachez moi le coeur, vous y verrez Paris" est un alexandrin extrait de « Le paysan de Paris chante » de Louis Aragon, poète, romancier et journaliste français, qui fut l’un des fondateurs du mouvement dadaïste et surréaliste parisien.

 

Philippe Vayssettes est président du directoire de Neuflize OBC

https://rsemag.neuflizeobc.fr/arrachez-moi-le-coeur-vous-y-verrez-paris/